Mondes inuit : Co-production d'un musée virtuel avec la communauté d'Igloolik

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Mondes inuit, d’hier à aujourd’hui / Inuit Worlds, From Past To Present : Co-production d'un musée virtuel avec la communauté d'Igloolik (Nunavut)

La Chaire est heureuse d'annoncer le lancement de l’exposition virtuelle Mondes inuit, d’hier à aujourd’hui / Inuit Worlds, From Past To Present, le 1er avril 2026fruit d’une collaboration de plus de quatre années avec le Nunavut Arctic College (antenne d’Igloolik), l’Igloolik High School et la Bibliothèque de l’université Laval.

Ce nouvel outil pédagogique trilingue (français, anglais, inuktitut) s’adresse aux jeunes inuit, mais aussi aux scientifiques travaillant dans l’Arctique et au grand public désireux de se familiariser avec l’histoire, le patrimoine et la richesse de la culture inuit*. Basé sur une collection d’objets du quotidien récoltés dans l’arctique canadien dans les années 1960 et 1970 par l’anthropologue et professeur émérite de l’Université Laval Bernard Saladin d’Anglure, et en donnant la parole aux porteurs de savoirs locaux, Mondes inuit, d’hier à aujourd’hui invite à découvrir les univers des enfants, des femmes, des hommes et l’importance de la vie communautaire. A travers des jeux, des vêtements, des outils ou accessoires, il révèle l’ingéniosité des Inuit et leur habileté à s’adapter à leur environnement, et ce depuis toujours.

Construit à partir de l'exposition physique Mondes inuit - Collection Saladin d'Anglure (2020) de la Bibliothèque de l'Université Laval, ce projet virtuel s’est initié plus spécifiquement avec la communauté d’Igloolik puisqu’une grande partie des objets en sont originaires.

Crédit: Pub Photo.

Après un premier voyage exploratoire en mai 2022 avec certains de ces objets afin de faire connaitre la collection et de proposer de construire un projet commun autour de celle-ci, le Nunavut Arctic College et l’Igloolik High School ont exprimé leur intérêt en ce sens. Quatre autres voyages seront effectués par la suite à Igloolik et à Québec, rencontres majeures à chaque étape du projet, permettant de co-développer progressivement ce musée virtuel.

Près de 25 ateliers ont été menés à l’Igloolik High School – les professeurs utilisant plusieurs de ces objets dans des cours de langue et culture inuit, d’arts ou de mathématiques. Deux ateliers communautaires ont été proposés aux habitants d’Igloolik afin de découvrir ces objets. Deborah Qaunaq et Natalino Piugattuk, deux ainés d’Igloolik descendants d’artisans de ces objets, se sont rendus à Québec pour découvrir la collection complète, conservée à l’Université Laval, et partager leur savoir sur celle-ci. Plusieurs habitants d’Igloolik, également porteurs de savoirs locaux, ont aussi accepté de témoigner sur les usages passés et présents de ces objets et leur relation à ceux-ci. Jack Haulli, alors collaborateur principal du Nunavut Arctic College, est également venu à Québec participer au montage des témoignages audios et vidéos enregistrés au fil de ces moments d’échange. Au total, près de 200 personnes d’Igloolik ont participé à ces activités.

Atelier dans une classe de l'Igloolik High School.

 

Enregistrement du témoignage d'un chasseur à Igloolik.
Atelier avec deux ainés et un interprète d'Igloolik à l'université Laval.

Finalement, la création de ces occasions uniques d’échange et de transmission des savoirs autour de ces objets, à la fois entre les communautés académiques et inuit mais aussi localement entre les générations, a constitué le cœur et le résultat principal de ce projet. Grace à cela et à l’ensemble des collaborateurs engagés ensemble dans ce projet, le site Mondes inuit / Inuit Worlds voit aujourd’hui le jour et offre une fenêtre unique sur la richesse de la culture inuit, passée et présente, auprès de ses différents publics. A la fois hébergé par la Bibliothèque de l’université Laval, il est également référencé auprès du Département de l’éducation du Gouvernement du Nunavut et donc disponible comme outil pédagogique pour tous les professeurs des écoles secondaires de ce territoire.

Nous tenons à remercier chaleureusement l’ensemble des Iglulimmiut qui ont participé à ce projet ainsi que tous les partenaires mentionnés ci-dessous. Nous souhaitons également rendre hommage à deux personnes centrales au projet qui nous ont malheureusement quitté dernièrement. Jeela Paadluk-Cloutier, originaire d’Igloolik, qui a effectué le travail titanesque de traduire avec son mari Stéphane, l’ensemble du site internet en inuktitut. Et bien sûr, Bernard Saladin d’Anglure, décédé le 13 février 2025. Les objets qu’il a collectés dans les années 1960-1970 et tout le travail qu’il a mené, particulièrement avec les gens d’Igloolik, sont devenus le point de départ de ces multiples et très riches relations, entre l’équipe de l’Université Laval et les Iglulimmiut mais aussi entre les différentes générations d’Inuit localement ou d’anthropologues à l’université.

Rencontre à l'université Laval entre Bernard Saladin d'Anglure, Francoise Morin et les trois membres de la communauté d'Igloolik venus découvrir la collection d'objets ethnographiques.

Bonne découverte !

Lien vers le site Mondes inuit : en français, en anglais et en inuktitut.

Équipe, collaborateurs et partenaires financiers

Équipe de la Chaire de recherche Sentinelle Nord sur les relations avec les sociétés inuit 

  • Caroline Hervé, direction du projet
  • Valentine Ribadeau Dumas, coordination et responsable des relations avec la communauté
  • Marie-Pierre Thibault, commissariat des expositions physique et numérique « Mondes inuit »
  • Bernard Saladin d'Anglure, consultant concernant les archives
  • Emmanuel Luce, tournage et montage audio et vidéo
  • Mehdi-Benjamin Quittelier, montage audio

Collaborateurs

Bibliothèque de l’Université Laval

  • Marie Dufour, chargée de conservation et de restauration
  • Valérie Boulva, responsable de la collection
  • Marie-Isabelle de Mélo, technicienne en muséologie

Communauté d’Igloolik 

  • Jack Haulli, instructeur au Nunavut Arctic College et coordinateur du développement local du projet 
  • Deborah Qaunaq et Natalino Piugattuk, ainés de la communauté d’Igloolik ainsi que Krystal Aqatsiaq, Rhoda Innuksuk, Elizabeth Kappianaq, Leah Panimera, Terry Uyarak (participants),
  • Les professeurs, les élèves et la direction de l’Igloolik High School 
  • Les membres de la communauté ayant participé aux activités organisées dans le cadre de ce projet

Nous tenons à remercier particulièrement Guillaume Saladin d’Anglure (Art’Cirq) et Sylvie Leblanc (Department of Culture and Heritage, Gouvernement du Nunavut, Igloolik) pour leur aide inestimable et continue tout au long de ce projet.

Photo et graphisme

  • Ateliers 480
  • Pub Photo : Claude Mathieu

Traductions

  • Peter Frost (révision anglais)
  • Jeela Palluq-Cloutier et Stéphane Cloutier de Qiliqti Inuktut Services (traduction inuktitut)
  • Roland Taqtu (interprète inuktitut)
  • Louis-Jacques Dorais (révision inuktitut).

Partenaires financiers

* On utilise ici le terme inuit en respectant la grammaire de la langue dont il est tiré, l’inuktitut. Il est invariable en genre et en nombre, cette langue n’ayant d’ailleurs pas de marque du genre. Il est la forme plurielle du mot inuk (une personne), qui peut s’utiliser comme nom (un « Inuk ») ou comme adjectif singulier s’il est appliqué à une personne. Ces règles correspondent à celles suivies par la revue Études/Inuit/Studies